L’Union européenne prolonge de 5 ans la licence du glyphosate, avéré toxique

Perturbateurs endocriniens, nanoparticules, fipronil… la liste des substances potentiellement cancérigènes qui nous entourent s’allonge, et avec elle, nos chances de se réveiller un jour avec une tumeur et/ou un bras au milieu du ventre. Si cette dernière perspective peut paraître sympathique, voire même pratique, la réalité est un tantinet plus inquiétante.

Charles Platiau / REUTERS

Récemment, c’est le glyphosate qui a beaucoup fait parler de lui. Le 27 novembre dernier, l’Union européenne a décidé de renouveler jusqu’en 2022 la licence d’utilisation de cet herbicide, pourtant classé comme « potentiellement cancérigène » par le Centre International de Recherches sur le Cancer. Pas de panique, votre paresseux bientôt sous dialyse vous explique tout.

  • Glypho-what ?

Le glyphosate est un herbicide puissant, que l’on retrouve dans la composition de plus de 720 produits de 90 firmes. Il est notamment le principe actif du RoundUp, désherbant phare du géant Monsanto (une firme américaine pas tellement reconnue pour se soucier de l’environnement et de la santé publique). En vente depuis 1974, c’est un produit toxique pour l’homme comme pour l’environnement, qui est utilisé en Europe pour préparer les terrains agricoles à leur implantation. Une récente étude a démontré que ce composé était présent dans bon nombre de nos aliments.

  • Bon… Est-ce vraiment dangereux ?

La dangerosité de cette molécule utilisée sous la marque « Round Up » divise les experts. Comme rappelé plus haut, une étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) avec 350 scientifiques indépendants, a classé le glyphosate comme « cancérogène probable pour l’homme ». Une conclusion nuancée par l’Agence de sécurité alimentaire européenne (Efsa) et l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), qui estiment que rien ne prouve un développement du cancer chez l’homme à cause du glyphosate. Ces agences admettent tout de même qu’il peut engendrer « des lésions oculaires graves » et qu’il reste « toxique sur le long terme pour les organismes aquatiques ». On est sauvés !

  • N’y aurait-il pas un peu lobbying dans cette affaire ?

Allons allons, vous voyez le mal partout. L’utilisation de ce pesticide prend la forme d’un « contrat » avec l’Union Européenne, soumis au vote tous les 5 ans. Pour prouver aux pays membres la non-dangerosité du glyphosate, l’UE a fait appel à des experts dont les recherches ont prouvé que l’herbicide injustement incriminé était inoffensif pour l’homme. Problème : leur rapport s’avère avoir grandement plagié des documents de la Glyphosate Task Force, le consortium industriel de… MONSANTO !
Mais 18 états ont tout de même voté pour, parmi lesquels l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume Uni (oui oui, ceux là même qui s’apprêtent à quitter l’Europe) et ont ainsi obtenu le renouvellement du glyphosate.


Herbicide ou génocide ? – Par Scalpa pour Pépédéa

  • Et la France dans tout ça ?

La France, qui était contre, s’est engagé à interdire le glyphosate sur son territoire d’ici 3 ans. Préparez-vous donc aux manif’ écolos d’ici là, puis aux opérations escargots avec des tracteurs et des moissonneuses batteuses. Car si l’herbicide venait vraiment à être interdit, les agriculteurs français verraient leur rendement chuter et se retrouveraient dans un marché totalement déloyal face aux autres pays européens qui eux continueraient d’utiliser le « Round Up » magique. Vivement le rap contenders entre José Bové et Nicolas Hulot !

[BONUS ]

Glyphosate Cancérigène ? L’UE copie-colle l’avis de Monsanto – Osons Causer (20/09/17)