Panama Papers

Messi, Platini, Almodovar, Cahuzac, Gunnlaugson, Porochenko…  Autant de personnalités supposément impliquées dans la nébuleuse de l’évasion fiscale ! Voici quelques jours que l’affaire des « Panama Papers » secoue le monde économique, politique et médiatique. Et il y a de quoi ! Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), qui regroupe près de 109 médias (dont le journal Le Monde), a eu accès à près de 11,5 millions de documents émanant de Mossack Foncesca, une firme panaméenne spécialisée dans la domiciliation de sociétés offshore. Bref, on va parler scandale, fiscalité et célébrités un peu embarrassées (Pat le Paresseux réfute d’ailleurs toute accusation à ce sujet) !

par Adrien Monnanni

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Le Panama, c’est aussi  ses plages de rêve

  • Pitié, résumez-moi simplement cette histoire de  « Panama Papers » !

Avant d’être une discothèque branchée de la jolie ville de Dieppe et un chapeau des plus élégants, le Panama est un petit pays d’Amérique du Sud, situé ici, qui compte plus de 3 500 000 habitants. C’est également ce que l’on appelle communément un paradis fiscal, c’est à dire un pays qui multiplie les critères favorables à l’optimisation ou l’évasion de capitaux (fiscalité basse voire nulle, peu de régulation financière, pas de coopération avec les administrations fiscales etc.). Concrètement, le meilleur plan pour stocker ses millions sans se faire taxer ! Il y a plus d’un an, une source anonyme a confié au journal allemand Süddeutsche Zeitung une base de données colossale contenant des documents issus du cabinet panaméen Mossack Foncesca et dévoilant les avoirs cachés dans des paradis fiscaux de quelques 140 personnalités. Les journalistes, épaulés par leurs confrères de l’ICIJ, ont donc enquêté sur l’authenticité des sources avant de balancer officiellement le doss’.

  •  Je n’ai pas pris Fraudeur en LV2, que veulent dire des termes comme « sociétés écrans » ou « off-shore » ?

 C’est effectivement à travers ces deux termes que réside tout le scandale des « Panama Papers ». Tout d’abord, il faut préciser qu’une société « off-shore » n’est pas forcément illégale. Celles-ci sont créées dans des paradis fiscaux où le bénéficiaire économique ne réside pas. Tant que les revenus générés sont déclarés, tout est clean. Là où ce n’est carrément plus réglementaire, c’est quand la création de telles sociétés est faite dans le but de brouiller les pistes sur les véritables propriétaires et ainsi d’échapper aux diverses taxes. On pourra alors parler de société-écran, c’est à dire des structures fictives où l’identité du véritable détenteur est dissimulée, entre autre, par des prête-noms.

Une technique bien rodée donc, qui permet de profiter de sa fortune sans se soucier de fisc, ou encore de blanchir de l’argent sale issu d’activités illicites (corruption, réseaux mafieux, grand banditisme etc.).

Petit exemple* très simplifié : Pat le Paresseux vient d’engranger quelques millions grâce aux revenus publicitaires générés par son site d’actualité devenu une véritable référence du web. Sauf que Pat trouve la fiscalité française un peu trop rude… En faisant appel à une firme telle Mossack Foncesca, il pourra placer ses millions dans une ou plusieurs sociétés fictives qui seront installées dans le paradis fiscal le plus approprié.  Ainsi, jamais le nom de Pat n’apparaîtra et les agents du fisc français ne retrouveront sûrement jamais la trace de la fortune du paresseux millionnaire.

*Evidemment, c’est un exemple fictif, il n’y a pas de pub sur Pépédéa.fr !

 Et pour lier la théorie à la pratique, voici un petit jeu dont le but est de cacher son argent dans  cet univers parallèle qu’est le monde l’offshore.

  • Qui sont les personnes impliquées et que risquent-elles ?

La liste des personnes concernées est éclectique et internationale. Hommes d’affaires, politiques en fonction ou non, sportifs, chefs d’entreprises, barons de la drogue, chaque journée amène son lot de révélations. Au niveau juridique, les autorités fiscales de chaque pays devront déterminer s’il s’agit d’évasion fiscale ou non. Si c’est le cas, les coupables devraient faire face à des amendes mirobolantes et même d’éventuelles peines de prison ! Du moins en théorie. Mais la plus grande sanction viendra à n’en pas douter de l’opinion publique. Entre dégoût et vertige, ce nouveau « casse du siècle » révolte une majorité des peuples concernés, comme l’atteste la démission du Premier Ministre islandais, première « victime » de ce scandale. Sinon, la liste contient aussi le nom de Jackie Chan.

  • Et en France, qu’en est-il ?

Chez nous, les premiers noms commencent à tomber. Michel Platini, déjà au cœur des affaires de corruption qui secouent la FIFA, est une nouvelle fois cité. Jérôme Cahuzac et Patrick Balkany, dont les noms ont une fâcheuse tendance à revenir pour des affaires de ce type, font également partie du lot. Toujours du côté des politiques, des proches de Marine Le Pen ont également vu leurs noms associés aux « Panama Papers ». Enfin, le monde des affaires n’est pas en reste puisque  Patrick Drahi, propriétaire du groupe Altice, SFR ou encore Numéricable, semble également touché par le scandale. Reste aux principaux intéressés le soin de prouver leur innocence  au fisc, qui de son côté, réfléchit sur la façon dont il pourra exploiter les documents révélés par les « Panama Papers ».

+ BONUS BOX

– Cash Investigation – « Le casse du siècle » – 5 avril 2016
http://pluzz.francetv.fr/videos/cash_investigation.html

Wikipédia – Liste des personnes citées dans les Panama Papers (lien est susceptible de subir des mises à jour)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_personnes_cit%C3%A9es_dans_les_Panama_Papers