Batman v Superman : Dawn of Justice

Heyyyyyy what’s up Youtube ?
Je sais, je me suis trompé de média. En fait, je sais plus trop ce que je dis. Je viens de me faire atomiser la djeule par un rouleau compresseur de 2h33. Je vais être honnête avec vous, je n’ai pour l’heure aucune idée de ce à quoi ressemblera cette critique tant le dernier film des écuries DC Comics et de Zack Snyder m’a mis dans tous mes états. Attention, je suis pas en train de dire que c’est le meilleur film du monde, j’avance juste le fait que j’ai été traversé par pleins d’émotions différentes pendant le visionnage. Vous le savez sans doute si vous traînez du côté d’Internet, le film se prend le feu un peu partout par les critiques. Mais le contraire m’aurait étonné: Snyder est un réalisateur avec des thématiques singulières et une façon très agencée de les projeter sur écran, même si la critique attend à chacun de ses films qu’il s’éloigne de son style. Alors, la confrontation tant attendue mérite-t-elle cette volée de bois vert ? Réponse sans doute pas vraiment dans cette critique même si c’est un bon début de réflexion.

Batman Vs Superman : Dawn of Justice – est un film de Zack Snyder (Watchmen, 300, L’armée des Morts) sorti mercredi 30 mars 2016 . On retrouve au casting Henry Cavill qui incarnait déjà Superman dans Man Of Steel, Amy Adams en Lois Lane, Jesse Essenberg en Lex Luthor et Ben Affleck en Batman. Avec un titre pareil, vous vous attendez sans doute à un film qui narre un combat sans merci entre deux super héros, n’est-il-pas ? Eh bien vous avez tout à fait raison mais désolé, c’est pas vraiment ce que vous aurez à l’écran.

par Victor Sanchez

Critiques non fondées

Avant toute chose,  j’aimerais revenir sur ce que j’ai dit plus haut concernant la critique et Zack Snyder. Comme énoncé, à chacun de ses films, le réalisateur se fait descendre pour son style, à savoir : ralentis, plans iconiques appelant l’imagerie chrétienne, une certaine représentation de la femme, une propension à montrer des guerriers à la morale ambiguë, et de la violence extrême. Perso, je ne comprends pas cet acharnement. Pourquoi reprocher à Snyder, à chacun de ses films, ses tics de réalisation ? C’est son style bordel. Ce serait comme reprocher à Kad Merad de faire une comédie pas drôle. Que des critiques aient pu être agacés dans le passé, soit, Snyder était un petit nouveau (et là, je parle de l’époque de 300, soit près de 10 ans en arrière) mais aujourd’hui, le descendre pour ses effets de style n’est plus du tout un argument valable pour la critique. Un réalisateur dirige une équipe, c’est le chef d’orchestre du tournage, qui plus est quand il n’a pas écrit le scénario, il doit apporter sa vision à un matériel déjà existant, vision qui se traduit par une esthétique et des partis pris. On doit accepter ce fait, ce « make a movie 101 » avant chaque film, sinon on peut facilement se retrouver à détester un film alors que la note d’intention se trouvait dès le départ sur l’affiche.

Et si on parlait de Batman Vs Superman ? Pour vous garder quelques surprises, je n’irai pas vous spoiler l’intrigue qui comprend son lot de rebondissements. C’est pas par flemme, c’est juste qu’en 2h33 de péloche, il se passe beaucoup de choses, et …. Et en fait, en écrivant ça, je me rends compte que pas forcément finalement.

J’ai aimé le film. Voilà, déjà pour le « main statement ». Je suis pas particulièrement avide de comics de super héros standards on va dire. Je prends beaucoup plus de plaisir à lire un Punisher qu’un X-men par exemple. Ce que je veux dire par là, c’est que plus c’est dark, plus je kiffe. Je précise pour les fanatiques que je suis parfaitement au courant que j’ai cité deux exemples qui sortent de chez Marvel.

Pour comprendre : Marvel v DC Comics

Bref, on va peut-être faire un petit historique avant quand même (je vous avais prévenu que cette critique ressemblerait à rien). Nous avons d’un côté Marvel, qui regroupe les ¾ de films de super-héros sortis dernièrement au cinéma. Marvel, voyant un potentiel énorme sur grand écran, s’est lancé il y a de ça quelques années dans la construction d’un Ciné-universe, c’est-à-dire un univers cinématographique dans lequel tous les films se déroulent. Univers à son apogée et concrétisation dans le premier Avengers. Depuis quelques années, Marvel voit grand et introduit de plus en plus de personnages dans son univers. Si je ne suis pas fan de chacun des films, je suis en tout cas admiratif et excité devant cette idée ambitieuse.

Pour les familiers avec l’univers des comics, la suite, vous la connaissez. Je vais parler maintenant de l’autre maison d’édition de comics, DC COMICS. Avec une écurie regroupant Batman et Superman entre autres, on peut dire que DC est à la traîne. La plupart des films affiliées à DC sont des stand alone, des films ne se passant pas dans le même univers. Devant le succès de porc de Marvel, il fallait bien choper le créneau aussi, surtout que l’écurie DC possède des poids lourds. Batman et Superman, sur le même écran. Ca faisait rêver pas mal de monde (et c’est surtout tiré d’un comics de Frank Miller) et c’est finalement arrivé. Seulement, Superman avait déjà eu le droit à un reboot il y a 3 ans, Man Of Steel, déjà réalisé par Snyder, déjà décrié ou adoré (perso, j’avais kiffé ma race). Batman venait d’être repropulsé sur le devant de la scène par la trilogie de Nolan.

Suivez bien : on a Superman avec un film à son actif et Batman qui doit repartir à zéro (Nolan ayant fait savoir qu’il en avait fini avec Batman). Du coup, Snyder doit donner vie à SA version de Batman, DC ayant fait savoir son intention de créer un DC-Universe. Vraiment, suivez attentivement, c’est la clé pour comprendre ce qui va suivre. DC n’appartenant pas à Disney, contrairement à Marvel, les films peuvent se permettre d’être plus dark, plus violents, tendance apportée par la trilogie Batman de Nolan. Snyder, toujours aux commandes, décide de mettre le fight de Superman contre Batman comme sujet de la suite de Man Of Steel, et en guise d’introduction au DC-Universe. Il caste pour le coup un nouveau Batman, Ben Affleck (choix décrié, et putain, à tort) et Wonder Woman, incarnée par Gal Gadot, qui aura le droit à son propre film dans un an ou plus si je me souviens bien. DC a un planning de films allant jusqu’en 2020 et plus encore, Batman V Superman servant d’introduction à cet univers étendu, qui logiquement, mènera à la Ligue des Justiciers, composée de Batman, Superman, Wonder Woman, The Flash, Aquaman, et Cyborg.

Oooooookay, vous avez du mal à vous y retrouvez ? C’est normal et je vous rassure tout de suite, vous aurez exactement la même impression en regardant le film. Là, vous vous dites qu’après avoir lu tout ça, je vais enfin parler du film, et vous avez raison, il est temps d’en parler. Quand je vous ai dit que j’avais pas trop compris ce que le film avait provoqué chez moi, je mentais pas.

On ne sait pas trop ce qu’on regarde

Plusieurs fois pendant le film, je me suis retrouvé à me demander ce que j’étais en train de regarder, je savais pas si c’était une suite de Man Of Steel, un film de Batman, un film avec une intrigue politique ou une introduction au DC Universe. Et bien, tout ça à la fois en fait. Et c’est très très déstabilisant pour le spectateur. Il se passe trop de trucs dans Batman V Superman et je ne suis pas arrivé à me focus sur une seule des intrigues plus de 5 minutes tant le film les enchaîne sans temps mort. Ca ne serait pas un problème si toutes ces intrigues se rejoignaient sur la fin de manière cohérente. Mais là, aucune des intrigues ne prend vraiment fin à proprement parler, excepté peut être celle sur Superman. On se retrouve avec un patchwork d’histoires, parfois efficaces et bien faites et parfois complètement à côté de la plaque.

Un Batman stylé et humain

Disséquer tout ça prendrait beaucoup de temps et je doute que vous ne suiviez jusque-là, mais je vais m’attarder sur celle de Batman.  Premièrement, j’en étais sûr avant même la sortie du film, mais Ben Affleck est un très bon Batman. C’est même à ce jour une des prestations les plus convaincantes, et c’est pourtant un fan hardcore de la trilogie de Nolan qui vous parle. Quand on me parle de Batman, c’est l’image qu’Affleck projette que j’ai en tête. Un homme chauve-souris usé par le temps, violent et névrotique, concerné par une justice qu’il ne sait plus appliquer tant le monde a changé. D’une violence impartiale, Batman n’hésite pas à buter des méchants (contrairement aux adaptations antérieures ou ne tuer personne était son credo). J’ai pris du plaisir à voir cette version de Batman évoluer, point d’attache humain (aussi dark soit-il) au milieu de ces demi-dieux à l’écran.

Je n’ai pas su me situer pendant le film mais vous savez ce qui m’a encore plus perturbé ? C’est que je suis persuadé d’avoir vu un bon film. J’aime la vision de Snyder concernant cet univers et suis prêt à le suivre pour une nouvelle aventure dans le futur. J’aime sa manière de faire du cinéma, et j’ai aimé Batman V Superman. Deux/trois scènes sont carrément Snyder-esques et transpercent l’écran.

Trop c’est trop

Là où le bât blesse, je le rappelle, c’est qu’on ne sait jamais quel film on regarde. Au final, Batman V Superman : Dawn of Justice, présente ce défaut dès son titre. On sent la logique de DC de vouloir introduire son univers étendu dans ce film, mais si on excepte la manière complètement foireuse (et foirée) de le faire (attendez de voir comment sont introduits Aquaman et les autres, c’est limite des bandes annonces dans le film), c’était même peut-être trop pour le film, qui comporte déjà des arcs scénaristiques en grand nombre. C’est comme rajouter du sel sur un plat déjà bon à la base.

Bilan

Je pense avoir écrit à ce jour, ma critique la plus bordélique, mais ça résume assez bien ce que j’ai ressenti en voyant le film. J’ai pas su où me situer et pourtant ça n’a pas perturbé mon visionnage.

Si vous cherchez des explosions et des scènes de bastons, je vous encourage à aller voir le film. Si vous aimez Batman ET Superman, je vous encourage aussi à aller voir le film. En fait, je vous encourage tout court à aller voir le film car il est bon. Point. On va pas tortiller du cul pour chier droit. Je vous encourage encore plus à vous faire un avis par vous-même. La critique a une limite, et ce film est l’un des rares de ces dernières années à m’avoir fait douter de l’utilité d’une critique dessus, tant ce qu’on peut ressentir est purement subjectif. Mais pour vous, je ferais n’importe quoi.

On se retrouve bientôt pour quelque chose de plus ordonné mais en attendant, allez voir Batman V Superman. C’est tout.

Bisous.