DEADPOOL : Piscina de la muerte

La Note : 6/10

ENFIN ! Il est sur toutes les lèvres. Le merchandising a explosé et jamais un super-héros n’a été aussi hype en très peu de temps. Je vais pas jouer le mec. Deadpool, je connaissais pas il y a un an, à part le fait que ce soit un héros atypique de l’univers de Marvel, ce qui m’a convaincu d’aller poncer un peu du côté de Wikipédia et des Internets. Mais alors depuis décembre, putain, cette hype. Mon dieu. On bouffe du Deadpool à toutes les sauces, et si il existait une récompense pour les teams de communication sur les films, celle de Deadpool remporterait haut la main. J’ai cédé. Parce que le 9gagger que je suis devenait dingue devant cette hype attisant ma curiosité. Je me pose confortablement dans le fauteuil de ce cinéma ricain qui m’a couté 13$ l’entrée, en espérant que je ne perds pas mon fric, ni mon temps bordel.

par Victor Sanchez

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  • Deadpool : le film

Deadpool affiche publicitaireDeadpool est un film de Tim Miller, avec Ryan Reynolds, sorti il y a deux semaines ou presque. L’histoire raconte les aventures d’un mercenaire, Wade Wilson, qui, atteint d’un cancer en phase terminale, décide d’être le sujet d’une expérimentation qui forcément, tourne mal. Il devient alors Deadpool, anti-héros vulgaire et complétement pété, qui cherche à se venger et retrouver une tête normale (l’expérience lui a filé une gueule fripée) tout en foutant le plus de bordel possible.

Les caractéristiques et forces majeures de Deadpool, c’est son humour gras et con, ses nombreuses interpellations du public (briser le 4ème mur), et son anticonformisme au sein d’un univers Marvel bien propret. Autant dire le vilain petit canard de l’écurie. Un film atypique, différent de tout ce que Marvel a pu sortir jusque-là, puisque s’adressant à un public mature, avec son lot de baquets de sang et de jurons. On comprend qu’amener ses enfants, c’est pas le bon plan.

  • Vraiment drôle

Le personnage principal, c’est une franche réussite. Deadpool est… Deadpool. Constamment dans la vanne et dans l’ultra-violence, le perso est un sacré morceau et une vraie bouffée de fraîcheur dans l’univers des super-héros. Les dialogues regorgent souvent de perles métas et super geeks qui ne parleront pas à tout le monde, mais même sans avoir une connaissance approfondie des supers, on trouve son compte avec des punchlines qui font mouche.

A ce titre, je crois que la vanne qui m’aura le plus fait rire est le running gag sur Hugh Jackman, et pour comprendre, il faut savoir que ce n’est pas la première fois que Deadpool apparaît à l’écran. Il faisait office de bad guy dans le premier film de Wolverine en solo, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce Deadpool était loin d’avoir répondu à l’attente des fans. Joué aussi par Ryan Reynolds, il s’était fait descendre par une horde de fans en colère devant un tel massacre (le film étant à chier par la même, triste sort). Reynolds, grand fan du personnage, avait alors décidé de rendre justice au perso en mettant sur pied un projet de film, faisant justice à Deadpool Da Original. Entre-temps, le même Reynolds se plantait avec l’adaptation de Green Lantern, film ô combien nul qui a laissé des traces dans le business du super-héros, et qui vient se faire trasher dans le film Deadpool 2016 (vous suivez ?) à plusieurs occasions (et c’est assez drôle).

On est donc face à un humour méta (qui s’étend au-delà du film lui-même) et moi, ça me fait hurler de rire. Les dialogues sont des espèces de regroupements de punchlines qui ne s’arrêtent jamais, et l’humour pousse même jusque dans les scènes d’actions.

Irrévérencieux et stupide, le film l’est assurément et je suis heureux de voir que Miller et Reynolds n’ont pas vendu de la soupe en promettant d’être fidèles au perso d’origine. Violent, le film l’est aussi certainement. Ca gicle et ça coupe. Les scènes d’actions sont lisibles et plutôt bien faites. Non, franchement, le concept est archi-respecté.

  • Dommage que le scénario soit pété

Mais voilà. Y’a un problème. Deadpool est un concept. Et si l’ensemble tient bien sur une durée moyenne, quand on part sur du long métrage, c’est autre chose. Le scénario ne fait absolument pas justice au personnage. Complétement bateau, il vient plomber la vibe du film par sa simplicité et la manière dont il est expédié.

Pourtant, ça commençait très bien. J’ai carrément accroché à l’idée de ce groupe de mercenaires réunis dans un bar, à qui on confie des missions sur des cartes qui servent à se prendre des cocktails par la suite. J’ai même imaginé un spin-off sur le sujet, pour vous dire que c’est cool. Même la background story du personnage est cool. Mais dès qu’on rentre dans le vif du sujet, l’histoire du film à proprement parler, c’est d’un banal. Vraiment décevant.

Et puis les autres personnages sont chiants. En fait, les seconds couteaux sont anecdotiques. Ils donnent l’impression de n’avoir d’autres utilité que celle de donner la réplique à Deadpool. Ils n’existent qu’au travers du perso principal qui a des liens différents avec chacun. Les méchants sont méchants et se font défoncer, les alliés sont gentils ou sarcastiques et s’en prennent plein la gueule mais de manière fun, et Deadpool fait sa cuisine là au milieu.

Vraiment, j’ai eu l’impression de voir un sketch étiré sur la durée d’un long, un peu à la manière de Brice de Nice. Ça fonctionne quelques temps mais sans véritable scénario ni enjeu, ça tombe à plat.

Deadpool a le pouvoir de régénérer quand il est blessé, au même titre que Wolverine. Comment on peut s’en faire pour un perso si on est sûr qu’il ne va pas crever, et qu’on en a rien à foutre des éventuels personnages qui pourraient y laisser leur peau pendant le film ? Que sa copine crève, on s’en bat les steaks, Deadpool sera encore là, et c’est un film sur lui qu’on est venu voir, ce qui annule donc tout enjeux et fait entrer le film dans un espèce de paradoxe scénaristique un peu niqué.

En bref

Malgré ses reproches, on peut conclure en faisant quand même quelques bonnes remarques. Déjà pour Reynolds qui s’est investi corps et âme dans le film et qui ma foi, a totalement respecté le matériau d’origine et l’a compris. Ensuite, le personnage principal est exactement comme on l’attend et on rigole beaucoup de ses conneries sur la durée du film. On nous donne du Deadpool, et c’est au final tout ce qu’on est venu chercher. Sans un scénario foiré et une réflexion un peu plus approfondie sur les enjeux qu’un personnage invincible peut apporter (et retirer) sur la portée émotionnelle d’un film, ça aurait pu être une tuerie.

Au final, à l’image d’une des répliques d’un perso, le film est encore une fois une sorte d’introduction à un personnage en vue d’une potentielle franchise, confirmée avec le succès fracassant du film depuis sa sortie. En espérant que Deadpool garde sa vibe déconneuse et ses bastos au profit d’un scénario digne de ce nom et de vrais personnages (tellement anecdotiques que j’en ai presque pas parlé du tout) (en fait, j’en ai pas parlé du tout), on tiendra un putain de film fun et bon.

Sans rancune, je te mets un 6, Wade. Pour le gag du masque de Jackman et le reste de tes conneries.

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