Burkina Faso – Blaise Compaoré chassé par la démocratie

De son histoire, le Burkina Faso a totalisé 8 présidents, dont 6 sont arrivés au pouvoir par un coup d’Etat. Tout cela est très instable et pas très démocratique, mais les règles du jeu ont changé avec la dernière élection présidentielle

par Nathan Lohéac

Note : article initialement publié le 2 décembre 2015, mis à jour le 24 février 2016 après la naturalisation ivoirienne de B.Compaoré

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  • Quelle est la situation ?

Fin 2015, une élection présidentielle était organisée par le gouvernement de transition, à la tête du pays depuis un an et la chute de Blaise Compaoré. L’ancien président, qui avait pris les rênes en 1987 par un putsch militaire, projetait de modifier un article de loi limitant le nombre de mandats, dans le but de se présenter aux prochaines élections. Ca n’a pas plu aux Burkinabè qui se sont soulevés en masse, à tel point que le président a pris la fuite, laissant place au gouvernement de transition. L’élection présidentielle de 2015 marque un retour à la Constitution pour le Burkina Faso.

  • Comment ça, « un retour à la Constitution » ?

L’histoire du Burkina Faso est encore relativement courte, mais c’est déjà un joyeux bordel de putschs en tous sens, à tel point que le coup d’Etat semble être le moyen le plus efficace pour prendre le dessus. On vous a concocté une petite Timeline en 5 dates.

  • Mais y’avait pas des tensions récemment ?

Si ! Le 16 septembre 2015, Gilbert Diendéré, ancien chef d’Etat-major particulier de Compaoré, tente un coup d’Etat. Des militaires du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), créé par l’ancien président, interrompent un Conseil des ministres. Ils prennent en otage le président de transition Michel Kafando et son premier ministre, Isaac Zida. Une semaine plus tard, Diendéré annonce la fin du putsch, déclarant à la presse que c’était une erreur… Un peu raté donc. Le gouvernement de transition est rétabli.

  • OK et donc les élections ont été un succès ?

Grave. C’est Roch Marc Kaboré qui a été élu, dès le premier tour, avec 53,49%. Les résultats ont été reconnus par son principal concurrent (Zéphirin Diabé) et l’élection s’est déroulée sans problème. Roch Kaboré devrait développer le pays et sa démocratie. Pour ça, l’ancien premier ministre du Burkina (sous Compaoré) devra compter sur des alliances : si son parti est arrivé en tête des élections législatives, il n’a remporté que 55 des 127 sièges de députés (la majorité est à 64 sièges)

  • Quid de Compaoré ?

Pour l’instant, l’ancien dictateur s’en tire plutôt bien. Soupçonné de complicité dans l’assassinat de Thomas Sankara, président jusqu’à sa mort lors du coup d’Etat de Compaoré (voir la petite Timeline plus haut) mais aussi de recel de cadavre, et d’attentat contre la sûreté de l’Etat, Compaoré fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. SAUF QUE,  notre petit malin s’est réfugié en Côte d’Ivoire (sud-ouest du Burkina), qui a accepté de l’accueillir à bras ouverts, lui accordant la nationalité ivoirienne. A l’abri d’une extradition, Blaise Compaoré échappe ainsi à la justice de ce monde.

[BONUS BOX]

+ [VIDEO] Roch Marc Kaboré, changement ou continuité de la gouvernance Compaoré ?