Unfriended : Poke-monstre

La Note : 5/10

Salut !
Hier soir, j’ai fait un tour sur ma liste de films à voir (a.k.a un dossier au fin fond de mon ordi avec des perles allant de Ali.G au Parrain) parce que j’en avais un peu marre des séries (3 saisons de The Wire en une semaine, genre le forceur). N’ayant pas vraiment le mood pour mater un chef d’œuvre ou une péloche nécessitant une trop grande réflexion (ne me jugez pas), je me penche sur mon dossier « à regarder au cas où ton cerveau baisse les bras pendant la soirée » (super long comme titre de dossier) (y’a déjà beaucoup trop de parenthèses dans cet article) pour m’arrêter sur un film, sorti en juin 2015, que je n’avais pas jugé bon de mettre sur ma liste de priorités. Si à ce stade vous n’avez pas compris que le film en question, c’est celui dans le titre, ou bien vous n’êtes pas très futés, ou bien vous êtes un phoque, et la véritable question est de savoir qu’est-ce que vous foutez sur Internet.

par Victor Sanchez

UNFRIENDEDA travers l’écran d’ordi des protagonistes

« Unfriended » est un film sorti en 2015 réalisé par Levan Gabriazde et produit par Jason « je produis 3 films pendant que t’es parti pisser » Blum. Casting composé d’inconnus, le film devait faire valoir autre chose que des gueules de cinéma.

Si je me suis intéressé à cette énième production calibrée pour teenager sponso par Skyrock, c’est surtout pour son concept. Voyez-vous, le film n’est pas shooté de manière traditionnelle, ni même en found footage (je vous ai vu venir) mais avec un procédé un poil plus conceptuel et pas piqué du cornichon. En effet, aucune caméra n’a été utilisée pendant le tournage, si ce n’est la webcam de l’ordi de chacun des personnages.

Quoi ? Oui, ce que vous voyez à l’écran, c’est l’écran d’ordi des protagonistes. Si ça vous parait débile et surtout irregardable, détrompez-vous, mais je reviendrai dessus plus tard.

Avec un concept aussi « space », il fallait un scénario adéquat : après le suicide d’une fille du lycée des héros, ils se retrouvent tous pour une session Skype des plus banales. Jusqu’au moment ou un inconnu débarque dans la conversation pour les mettre à rude épreuve, de manière fatale.

  • Et au final, ça vaut quoi ?

Bah en dehors de son concept, pas grand-chose.

Le scénario n’est pas des plus excitants même s’il arrive à nous tenir éveillé jusqu’à la fin du film. On se retrouve avec une histoire de vengeance d’outre-tombe revue et corrigée à la sauce génération Z, Skype, Mac et Facebook. Même pas un jump scare à se foutre sous la dent, c’est quand même un comble pour un film supposé d’horreur, vous en conviendrez. On nous prendrait un peu pour des jambons à Hollywood, mais c’est pas nouveau. Artifices éculés, faux suspense, le film ne parvient pas à faire flipper une seconde.

Tout l’intérêt de ce film réside en fait dans son concept. Si au début, ça ne me troublait pas particulièrement, je me suis vite senti mal à l’aise. Déjà, quand j’ai commencé à bouger ma souris pour virer un onglet avant de me rendre compte que c’est un film et non pas un écran d’ordinateur. Plutôt cocasse. Le malaise est arrivé au moment où c’est supposé faire peur. Le film en soit ne m’a pas fait peur, c’est plutôt le fait de penser que cette situation pourrait totalement arriver (sans l’aspect paranormal) qui m’a fait flipper. Je me suis senti  très impliqué dans le film parce que j’avais l’impression d’être DANS le film, l’impression que c’est moi qui surfais sur le Net. Plusieurs fois, j’ai quitté l’écran du film pour faire une recherche sur Wikipédia ou aller voir une critique du film, et me retrouver sur Internet à mon tour, ça m’a clairement paumé.

Le film s’est planté au cinéma et c’est tout à fait compréhensible parce que ce n’est pas un film à regarder sur un grand écran, mais sur son ordinateur. Inconsciemment, il acquiert, de par son concept, un aspect glauque qui n’avait peut-être pas envisagé (ou bien alors si, et dans ce cas, bravo).

Vous l’aurez compris, le concept est plus attrayant pour les sensations que le film lui-même. Pas de quoi révolutionner l’industrie, mais un bon départ pour explorer certaines pistes et renforcer encore plus l’immersion du spectateur, avant qu’on se prenne la gifle « Hardcore Henry » filmé comme un FPS (je vous invite à aller voir le trailer) où un mec se transforme en robot tueur ceinture noire de karaté et de kicks dans la djeule contre des méchants. Manichéiste en diable mais foutrement excitant. Et puis si vous nous rejoignez tout juste sur Pépédéa.fr, on vous conseille plutôt de commencer par Mad Max Fury Road, ou même The Visit.

Pour finir, Unfriended n’est pas le premier film de ce genre. Il n’y a pas longtemps, c’est Open Windows qui sortait, avec Sasha Grey (faites pas les innocents, je sais que vous savez) et Elijah Wood.

On se quitte la dessus et on se dit à bientôt !

+ Petite preview de 10 minutes pour se mettre dans le bain