Aller voter pour les régio…quoi déjà ?
Dimanche, on vote pour nos conseillers régionaux. Pour qui pour quoi ? Qui parmi vous serait capable de le dire sans un “euuuh” de réflexion hésitante ? Peu. Alors on va essayer de vous faire comprendre rapidement à quoi ça sert de se munir de carte électorale ce weekend.

  • A quoi ça sert les conseillers régionaux ?

En très gros, ce sont eux qui financent les projets publics de la région. Ils jouent donc un rôle important pour les lycées et l’apprentissage, la formation professionnelle (pour vous aider à trouver du travail), le développement économique et l’emploi (si vous ne trouvez pas de travail vous pouvez toujours créer votre boite, la région soutient), les Transports Collectifs Régionaux (tout ce qui est train et autocars), la culture, le sport, ou encore l’aménagement du territoire. Bref, tout plein de compétences, et donc énormément de thématiques, auxquelles les budgets accordés dépendent du joyeux luron qui est à la tête du conseil régional.

On note tout de même au passage que la sécurité n’est pas une compétence régionale. Tous les candidats qui se sont mis à lancer des “Moi je vais rajouter 2000 policiers et des drônes tueurs, juste au cas où…” n’ont pas directement la main sur ce budget. Bien essayé.

  • C’est quoi toutes ces listes différentes ?

Pas de panique, c’est en fait assez simple à comprendre. Les candidats se présentent à l’élection à plusieurs, sous forme de listes paritaires (un homme, une femme, un homme une femme, et des fois l’inverse). Chaque département de la région vote pour ses propres listes -par extension, chacun vote seulement pour les candidats de son département. Ca veut dire par exemple que le PS et l’UMP sont représentés en Ile-de-France par 8 listes, et donc 8 têtes de listes. Une par département.

En fonction des résultats de chaque liste dans chaque département, les premiers de la liste sont élus conseillers régionaux. Plus une liste a de voix, plus les candidats sont pris loin sur la liste.

  • Comment on vote ?

Vous avez peut-être entendu dire (parce que c’est vrai) que le scrutin est « proportionnel à deux tours avec prime majoritaire ». Ca fait peur comme ça mais en fait c’est tranquille. « Proportionnel », ça veut dire que les listes se répartiront les sièges du conseil régional en fonction de leur score aux élections. Plus nous voterons pour une liste, plus elle obtiendra de sièges. « Scrutin à deux tours », c’est juste pour dire qu’on vote deux fois, sauf au cas où une liste obtiendrait plus de 50% des voix dès le premier tour. (Donc oui, il faudra sortir de son lit deux dimanches de suite). Cela permet d’écrémer le nombre de candidats car toutes les listes ayant fait moins de 10% ne peuvent pas se présenter au second tour. Elles peuvent en revanche fusionner avec une autre liste si elles ont atteint les 5%.

  • Et la “prime majoritaire” c’est quoi ?

Ah oui, la « prime majoritaire ». Après les résultats de l’élection, la liste qui a obtenu le plus grand nombre de voix au second tour gagne en prime 25% du nombre total de sièges. Cadeau. A la base, elle a été créé pour mettre en place des majorités stables dans les régions. Mais ça veut tout de même dire que la liste gagnante accumule bien souvent une majorité écrasante de sièges, histoire d’être ultra majoritaire rapidos.

Tous ces nouveaux élus sont en place pour six ans, et à peine en place, c’est à eux de voter pour leur président. Vous vous doutez bien qu’avec la fameuse “prime majoritaire” on saura sûrement directement après les élections qui sera élu. Mais pour la forme on vote quand même. Démocratie oblige.
Alors c’est pas si compliqué que ça les régionales. Si ? Tout ce qu’il faut retenir, c’est que l’on va voter pour des gens qui gèreront nos régions pendant six ans, soit plus qu’un mandat présidentiel. Et puis ils auront une influence sur les festivals du coin, les aides aux entreprises, les formations des personnes non qualifiées et même sur le nombre de feuilles blanches dans la photocopieuse du lycée. Alors maintenant qu’on sait que c’est important quand même, dimanche, on met un réveil.